PRÉCAUTIONS D'EMPLOI DES HUILES ESSENTIELLES & PARTICULARITÉS DE L'USAGE CHEZ LE CHAT

 

Voici un chapitre court mais très important ! 

Il synthétise les gestes à préconiser et ceux à bannir lorsqu'on manipule des huiles essentielles. 

 

En outre, il vous explique pourquoi les Chats sont hypersensibles aux arômes et pourquoi il faut faire preuve de prudence lorsqu'on envisage un soin avec un chat. 

 

A LIRE... ET À RETENIR !  

Pourquoi est-il déconseillé de pratiquer des soins aromatiques par voie orale chez le chat? 

Deux raisons fondamentales expliquent très simplement la grande difficulté d'envisager de soigner nos amis les Chats par aromathérapie en leur administrant des potions par voie orale. Ces raisons ont trait d'une part à leur métabolisme de détoxication des arômes, et d'autre part à leur hypersensibilité aux odeurs. 

LA MÉTABOLISATION DES HUILES ESSENTIELLES 

Suite à leur ingestion, les HE subissent une série de réactions chimiques destinées à les rendre plus solubles et assimilables par l'organisme. Par après, les dérivés aromatiques sont métabolisés au niveau du foie : des enzymes vont greffer des molécules de glucose sur les dérivés aromatiques les plus caustiques (phénols, cétones...) afin d'en augmenter encore la solubilité dans les fluides organiques (urine par exemple) et d'en diminuer la virulence. 
Ce processus porte le nom savant de "glucoronoconjugaison" (littéralement fixation des glucoses) et est catalysé par des enzymes appelés "glucuronyl transférases". Le temps d'excrétion des molécules aromatiques selon ce processus varie entre 48 et 72 heures, ce qui permet d'envisager des protocoles anti-infectieux assez lourds sur un court terme (de 2 à 10 jours) sans grand danger d'accumulation de phénols ou de cétones dans l'organisme. 

Au contraire des humains, du chien ou d'autres mammifères, le chat ne dispose pas de glucuronyl transférées, et ne peut donc éliminer les charges des terpènes aromatiques aussi vite que le chien ou l'homme. Il est donc sage de ne pas envisager une ingestion orale de molécules anti-infectieuses à forte dose chez le chat, sous peine d'initier des effets secondaires toxiques au niveau du foie et du système nerveux. 

L'HYPERSENSIBILITÉ AUX ODEURS 

Si la muqueuse nasale humaine est parsemée de quelque 5 millions de cellules olfactives, celle d'un chat, pourtant moins étendue, en dispose de 200 millions ! En outre, le chat dispose d'un organe particulier - l'organe de Jacobson- qui lui permet une très fine détection de molécules volatiles du type des phéromones. Or, la structure biochimique des molécules aromatiques est très proche de celle des phéromones. 

Ces deux éléments démontrent clairement qu'un chat peut être extrêmement perturbé par l'administration d'huile essentielle. Il peut déclencher une véritable crise d'hypersensibilité (telle une crise d'asthme, une hypersalivation ou une régurgitation spontanée de nourriture), mais aussi adopter des comportements incohérents, variant de la prostration totale à la fuite lointaine (certains chats refusant de quitter la cime d'un arbre des heures durant). Ces problèmes comportementaux sont tout à fait explicables si nous partons du principe que la puissance olfactive des huiles essentielles peut masquer complètement le bouquet d'autres odeurs grâce auxquelles le chat se repère facilement dans son environnement immédiat. 

CONCLUSION QUANT À L'USAGE D'HUILES ESSENTIELLES CHEZ LE CHAT. 

Lorsqu'on désire soigner un chat avec des HE, il est conseillé de le mettre en présence de telles odeurs dès sont plus jeune âge. On peut ainsi diffuser des mélanges aromatiques en présence de celui-ci. 

Nous privilégions l'utilisation des hydrolats ou eaux florales (contenant les molécules des huiles essentielles mais à faible dose).

PRÉCAUTIONS D'EMPLOI DES HE LORS DE SOINS D'ANIMAUX DE COMPAGNIE 

1) Ne jamais injecter d'HE (pures ou diluées) par voie intraveineuse ou intramusculaire. 

2) Ne jamais appliquer d'HE pures ou diluées dans les narines et dans les yeux. Si, c'est le cas par inadvertance, rincer abondamment à l'eau tiède et appliquer en badigeon une huile végétale pour tamponner l'agressivité des HE. 

3 ) Ne jamais appliquer d'HE pures dans les oreilles ou les zones ano-génitales 

4) Ne jamais utiliser du lait pour diluer les HE avant de les administrer à des jeunes animaux. 

5) Ne jamais faire ingérer des HE cétonique à une chienne testante ; il en va de même avec les HE riches en estragole, en sclaréol ou d'autres molécules hormone-like. 

6) Tout comme les humains, certains animaux peuvent être allergiques aux HE, auquel cas il faut être particulièrement prudent et sélectif dans le choix des HE et du mode d'utilisation. 

7) Lorsqu'on réalise une application d'HE, il est préférable de la réaliser sur une zone vers laquelle l'animal ne sait pas se diriger pour la lécher (encolure, entre les oreilles, cou...).

8) Les HE riches en phénols et en aldéhydes aromatiques sont dermocautiques. Il faut impérativement les diluer jusqu'à 2 à 5% pour les appliquer sur la peau. C'est important car le pelage de l'animal peut temporairement masquer l'irritation cutanée consécutive à l'application d'huiles dermocaustiques. 

9) Ne pas laisser un flacon d'HE à la portée des enfants

10) Toujours bien maintenir un flacon d'HE fermé hermétiquement. 

11) Ne jamais transposer un protocole proposé pour un chat ou un chien à un bébé, un jeune enfant ou un adolescent. Pour cela consulter un spécialiste. 

12) Toujours sélectionner des HE de qualité irréprochables, qui sont 100% bio, pures, naturelles, et qui sont pourvues d'une définition de leur chémotype ! 

RAPPEL : le chat est hypersensible aux odeurs et ne dispose pas de système de détoxication des huiles essentielles lorsqu'elles sont appliquées par voie interne. 

PRUDENCE DONC CHEZ LE CHAT !!!

© 2017 Ecole Française d'Aromathérapie N° W3330003449

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