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STRUCTURE CHIMIQUE DES PRINCIPALES MOLÉCULES AROMATIQUES 

Certains laboratoires entourés de compétence l'ont bien compris et déploient des méthodes d'analyses coûteuses et sophistiquées pour garantir une qualité constante, reproductible et sans reproche. Cette technique indispensable, des que l'on approche le monde scientifique médical, est la chromatographie en phase gazeuse couplée à la spectrométrie de masse. 
Une huile essentielle contient entre 50 à 100 molécules biochimiques différentes. Cette complexité moléculaire naturelle peut parfois être poussée à l'extrême avec 300 composants (Lavande Off, Sauge sclarée). 

La composition chimique des huiles essentielles est déterminée par les deux procédés que nous avons déjà étudiés : la chromatographie en phase gazeuse et le spectromètre de masse. 

J'en profite pour vous rappeler que les huiles essentielles ne contiennent ni vitamines, ni sels minéraux. Elles peuvent par contre avoir un effet indirect sur leur absorption et leur assimilation. 

Les familles biochimiques les plus fréquemment rencontrées sont : les alcools, les cétones, les aldéhydes terpéniques, les esters, les terpènes, les oxydes. 

Les alcools incluent les phénols et les sesquiterpénols. Ce sont d'excellents antibactériens à large spectre d'action, de superbes viricides et fongicides, de remarquables antiparasitaires cutanés et intestinaux, des stimulants immunitaires et des molécules positivantes. L'infectiologie en fera un très large emploi mais ne perdra pas de vue que les phénols peuvent être dermocaustiques à l'état pur et présenter une toxicité hépatique à dose élevée et prolongée (Origan compact). 
Les sesquiterpénols présentent des caractères plus spécifiques avec, entre autres, les actions oestrogène-like du sclaréol, du nérolidol et du viridiflorol. 

OUFF !!! Allez, on respire, et on regarde de plus près : 

LES ACIDES : les acides sont des anti-inflammatoires très puissants, hypothermisants et hypotenseur. Ce sont des composés à l'état de traces dans les huiles essentielles. Citons le Vétiver, le Clou de Girofle et le Genévrier. Ce sont des composés très actifs même à l'état de traces. 
N'oublions pas que les HE recélant 95% d'acide salicylique : la Gaulthérie et le Bouleau jaune du Canada. 

LES ALDÉHYDES : les aldéhydes sont de deux types : les aldéhydes aromatiques et les aldéhydes terpéniques. Les premiers ont des propriétés et des effets secondaires identiques à plus d'un point de vue à ceux des phénols tandis que les aldéhydes terpéniques sont anxiolytiques, calmantes anti-inflammatoires, antalgiques et litholytiques (dissolutions des cristaux). Leur tolérance cutanée est meilleure mais demande une dilution à 50%. 


Les principales variétés d'aldéhydes (avec suffixes en -al ) : aldéhydes benzoïque, citral, citronnellal, cuminal, géranial, myrténal, néral. 


Les principales HE à aldéhydes sont : le Citron, l'Eucalyptus citronné, la Mélisse, la Verveine des Indes, le Cumin des prés, la Coriandre douce, la Cannelle de Chine et la Citronnelle de Java. 

LES CÉTONES :  les HE qui contiennent des cétones sont anti-inflammatoires et anti-infectieuses ; elles stimulent le système immunitaire à faible dose (2 gouttes par jour). Elles sont aussi anti-coagulantes, cicatrisantes, mucolytiques, lipolytiques (fonte des graisses), sédatives, calmantes et hypothermisantes. Par contre, si on augmente indûment la dose, l'inversion des effets peut être très rapide. Les cétones peuvent alors devenir neurologiques (stupéfiantes et épileptisantes). Tel est en particulier le cas avec l'Hysope, la Sauge officinale et le Romarin officinal à camphre. 

Il ne faut jamais employer seules ces HE riches en cétones, ni à haute dose, ni sur de longues périodes. Il ne faut pas dépasser 10 gouttes par jour à moins d'un avis contraire de l'Aromathérapeute. 

Les principales variétés de cétones (avec un suffixe en -one) sont : bornéone, carbone, mentionne, cryptone, thuyone, verbénone, pinocamphone (Hysope). 

Les principales HE à cétones sont : Absinthe, Armoise vulgaire, Camomille noble, Carvi, Cèdre, Eucalyptus mentholé et à fleurs multiples, Fenouil, Hysope, Inule, Lavande stoechas, Menthe poivrée, Romarin off à verbénone, Sauge off, Thuya etc... 

LES COUMARINES :  les coumarines sont neuro-sédatives, anti-convulsives, hypotensives, anticoagulantes, et antispasmodiques. Les HE contenant des furo-coumarines sont photo-sensibilisantes et peuvent provoquer des taches sombres et persistantes sur une peau exposée au soleil. 
La Bergamote est bien connue pour cette désagréable propriété. C'est la raison qui l'a fait retirer de plusieurs produits cosmétiques malgré son parfum suave. 

Beaucoup plus dangereux, les pyranno-coumarines (Visnadine) peuvent, suivant les doses, endommager le foie. Tout dépendra de la proportion et des autres composants qui viendront tempérer ou équilibrer l'essence. Tel est le cas notamment avec la Lavande officinale qui contient des cétones et des coumarines en faible proportion, lesquelles sont neutralisées pourrait-on dire, par les esters qui eux, ont des propriétés relaxantes très importantes. 

Les principales HE à coumarines sont : le Khella, l'Angélique, le Céleri, la Santolène et les Citrus à savoir l'Oranger amer, l'Oranger doux, le Mandarinier, le Bergamotier, le Limettier.

LES ETHERS : les éthers sont des molécules positivantes douées d'action antispasmodique exceptionnelle, couplées d'un effet antalgique. Les éthers ont une action spasmolytique et décontractante plus importante que les esters. Ce sont d'excellents rééquilibrants nerveux. Par contre, si les doses sont trop fortes, les effets risquent de s'inverser. Leur application cutanée à l'état pur sur les peaux sensibles et irritables demandera une dilution à 50% dans une huile végétale. 

Les principaux éthers sont : apicole, carvacrol, estragon, eugénol, safrole, thymol. 

Les HE riches en éthers : Anis étoilé, Estragon (antiallergique), Basilic, Ravensare anisé, Rose de Damas. 

LES ESTERS : elles sont antispasmodiques, rééquilibrantes nerveuses, anti-arythmiques (coeur irritable). 

Les principales HE à esters sont : le Laurier noble, Lavandin (lavandula hybrida), l'Hélichryse Italienne, Lavande officinale, Ciste, Ylang-Ylang, Camomille noble, Géranium rose etc... 

Les principaux esters : acétate de bornyle, géranyle, lavandulyle, linalyle, menthyle... salicylate de méthyle (Gaulthérie). 

LES MONOTERPÈNES : les monoterpènes ont une action cortisone-like et se distinguent par leurs propriétés antiseptiques. Ils sont antalgiques à action percutanée (para-cymène). Ils sont utiles pour stimuler le système immunitaire et lymphatique. Par contre, ils sont également dermo-caustiques. Ils peuvent donc occasionner des brûlures importantes de la peau. Lors d'une infection de la peau, au lieu d'utiliser un thym à thymol qui risque de brûler, il faut utiliser le thym à linalol beaucoup plus doux et sans danger. 

Les monoterpènes sont dermocaustiques (pinède, paracymène, limonène). 
Toutes ces HE sont donc préférablement diluées dans des huiles végétales biologiques comme germe de blé, d'amande douce, de noisette ou de tournesol et, évidemment de première pression à froid. 

Les principaux monoterpènes sont : alpha-pinène, camphène, limonène, para-cymène, sabinène. 

Les principales HE à monoterpènes sont : l'Angélique archangélique, le Thym à thymol, la Sarriette, le Lemongrass, l'Origan, le Cyprès, le Genièvre, le Pin maritime, le Lentisque pistachier, le Niaouli, la Sauge officinale, la Cannelle de Ceylan etc.

LES MONOTERPÉNOLS (ALCOOLS MONOTERPÉNIQUES) : ces molécules aromatiques se distinguent par leur action efficace contre les microbes, les champignons, les virus et les bactéries. Elles sont utiles lorsqu'il y a lieu de stimuler le système immunitaire. Les monoterpénols peuvent légèrement élever la tension artérielle mais d'une façon plus modérée que les phénols. Ils pourront donc, lors d'une infection, remplacer l'huile phénolée pour une personne souffrant d'hypertension artérielle. De plus, ils ne brûlent pas la peau et ne sont pas toxiques pour le foie. Ce qui en permet plus couramment l'usage. 

Principales variétés de monoterpénols (avec un suffixe en -ol) : bornéol, citronnellol, géraniol, linalol, menthol, nérol, terpinéol. 

Les principals HE à monoterpénols sont : le Bois de Rose, Ravensara, la Camomille Noble, l'Eucalyptus (citriodora et globules), le Géranium rosat, le Lavandin, la Marjolaine, la Menthe poivrée, les Thyms (à bornéol et linalol), etc. 

LES PHÉNOLS : les phénols se caractérisent par leurs propriétés anti-infectieuses puissantes et immunostimulantes. Elles sont bactéricides, viricides, parasiticides, fongicides. En revanche, les HE à phénols sont derme-caustiques. Elles sont irritantes pour la peau et les muqueuses et assez puissantes pour entraîner des brûlures. Elles sont également hépatotoxiques. Prises en grande quantité ou sur de longues périodes, elles peuvent endommager le foie en y détruisant les cellules. Les dommages causés sont parfois irréversibles. 
Parmi les HE contenant des phénols, un Origan comme l'origanum compactum doit être utilisé avec la plus grande prudence. Il contient du carvacrol qui est extrêmement toxique. On peut le remplacer avantageusement par un autre Origan comme la Marjolaine des jardins qui n'en contient pas. 

Il faut également savoir que les HE à phénols sont contre indiquées en cas d'hypertension et de diabète.

Les principales variétés de phénols (avec un suffixe en -ol) sont : carvacrol, chavicol, eugénol, thymol. 


Les principales HE à phénols sont : l'Ajowan, le Clou de Girofle, l'Origan d'Espagne, le Basilic à thymol, la Sarriette des Montagnes, le Thym à thymol, certains Eucalyptus, la Cannelle de Ceylan et de Chine, le Poivre noir etc. 

LES SESQUITERPÈNES (+ AZULÈNES ET DITERPÈNES) : les composés biochimiques comme le mercrène, le caryophyllène, et le chamazulènes ont des propriétés anti-inflammatoires, immunostimulantes et anti-allergiques puissantes. Leur bonne tolérance cutanée et leur propriétés thérapeutiques en permettent un emploi important en cosmétologie. 
Des chercheurs québécois seraient sur la piste d'une nouvelle substance anticancéreuse d'origine végétale, fort prometteuse. Extraite du Sapin baumier, une essence d'arbre très commun de la forêt boréale, cette substance ciblerait uniquement les cellules cancéreuses, serait peu toxique chez la souris et permettrait de déjouer le phénomène de résistance aux médicaments utilisés en 
chimiothérapie. 

Les chercheurs ont ensuite essayé d'identifier le ou les composés chimiques qui étaient responsables de l'effet thérapeutique observé. Un seul composé parmi la quinzaine de constituants de l'huile essentielle de Sapin s'est révélé actif : l'alpha-humulène. On trouve l'alpha-humulène dans la famille biochimique des sesquiterpènes. Il y en a, en quantité importante, dans les cônes de houblon(tumulus lupulus, 50 à 60%). Cette molécule aromatique est pourtant contre-indiquée dans les mastoses et les cancers hormono-dépendants (seins, ovaires). Elle existe aussi dans l'oléo-résine de Copaifera (7%°), dans la plante fleurie de Lantana Camara (5%), dans la Sauge officinale et dans Ylang-Ylang (3%).

Il reste toutefois plusieurs autres étapes à franchir avant que les oncologues ne disposent de l'alpha-humulène dans leur arsenal thérapeutique. Il reste à étudier la pharmacocinétiques de la molécules : sa distribution dans l'organisme, son métabolisme, ainsi que son mode d'absorption et d'élimination. Il reste à éprouver son innocuité en mesurant son niveau de toxicité chez l'animal. Or, selon les expériences effectuées à ce jour, la souris semble bien tolérer des doses élevées du produit. Autre étape incontournable : le chercheur doit élucider le mécanisme d'action de la molécule. 

Les principales HE à sesquiterpènes sont : le Cèdre de l'Atlas, les fruits du Poivrier noir, la Mélisse, l'Ylang-Ylang. 

LES SESQUITERPÉNOLS : les propriétés des sesquiterpènols : stimulant général, tonique, microbicide. 

Les composés biochimiques des alcools sesquiterpèniques : bisabolol, carotol, cedrol, eudesmol, globulol, santalol, scalérol. 

 

Les principales HE sont : le Patchouli, le Genévrier de Virginie, la grande Carotte sauvage, le Mélaleuque, le Santal blanc. 

Tous ces éléments agissent en synergie et c'est toute l'essence dans sa globalité qu'il faut considérer quand il s'agit de faire des choix. 

IL FAUT PARLER LATIN : 

on a compris que l'espère botanique a l'importance. Par convention, la langue des scientifiques en ce domaine est le latin. A compter de maintenant, nous nommerons la plante par son nom latin, et nous ajouterons son chémotype au besoin. 

Le Romarin, par exemple, se dit "
rosmarinus" ; il peut avoir une dominante de verbénone, de camphre ou de cinéol. En ajoutant forum qui veut dire "contenir" (comme pétrolifère), nous aurons du : 

- Rosmarinus officinalis verbenoniferum 

- Rosmarinus officinalis camphoriferum 

- Rosmarinus cineoliferum 

En retournant à la description de ses substances, on comprend qu'elles n'ont pas les même propriétés. Si, je ne sais pas quel Romarin j'ai en main, comment en prévoir l'effet ????? 

On ne nomme pas toujours le chémotype (famille chimique). Vrai. Cela est superflu quand on parle d'une espèce où le chémotype est connu. Pour le Citron, on n'a pas besoin de répéter chaque foi Citrus limonum limoniferum parce que c'est la particularité du Citron de contenir 90% de limonène. Mais s'il est déterminé, si on lui enlève tout ou partie de son terpène, ce ne serait plus du Citron !!! 

On comprend maintenant le sens d'une huile essentielle totale. 

 

 

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